La MRC de la Haute-Gaspésie demande un engagement de 10 ans sous forme de statut particulier pour contrer la dévitalisation et les effets néfastes des mesures de protection du caribou.
Ce n’est pas la première fois que la Haute-Gaspésie fait une telle demande. Jusqu’à maintenant, aucun gouvernement n’a répondu favorablement à cette requête. On estime que les mesures déployées en urgence ou les programmes mur à mur peu adaptés à la réalité de la MRC ne suffisent pas à sortir la Haute-Gaspésie de sa torpeur.
Le préfet de la Haute-Gaspésie, Sylvain Tanguay, estime que les mesures de protection du caribou ajoutent une couche supplémentaire de pression sur le développement et l’économie sur le territoire. « C’est en toute nécessité que nous demandons ce statut particulier qui passerait par un programme de revitalisation économique pour une dizaine d’années. Cette durée permettrait de voir les effets des mesures mises en place. »
Il ajoute que le statut particulier doit être accompagné d’un cadre de gestion gouvernemental qui tient compte de la réalité de la Haute-Gaspésie. « Dans l’application des décisions, le gouvernement doit s’assurer que ça ne brime pas notre MRC, que ça n’affecte pas nos services, comme en santé, par exemple. Un peu comme c’est le cas actuellement avec le statut des Îles-de-la-Madeleine. »
Des statistiques alarmantes
Sylvain Tanguay croit qu’une telle considération pour sa MRC aiderait à remettre l’économie sur les rails, à consolider les services en place et contribuerait à une certaine croissance de la population alors que 33 % des citoyens de la Haute-Gaspésie ont 65 ans et plus. Sur les 10 882 habitants, 27 % ne sont pas diplômés et le taux de gens sur l’aide sociale s’élève à 11 %.
« On prévoit une décroissance de 400 citoyens dans les prochaines années, poursuit le préfet. Les redevances éoliennes sont pratiquement inexistantes, considérant les mesures de protection du caribou. Pour le transport, le sud de la Gaspésie a le train alors que du côté nord, nous n’avons rien pour stimuler l’économie. Ça nous amène à devoir être très créatifs, mais, pour ça, nous avons besoin de moyens exceptionnels. »
Concrètement, le préfet aimerait voir, dans un éventuel statut particulier, des moyens bonifiés pour aider les entreprises et plus de flexibilité. « Ça prendrait aussi une considération différente en ce qui a trait à la collaboration du milieu. Il faudrait que notre part soit moins importante que 20 % parce que c’est trop pour les moyens dont on dispose. »
C’est en ce sens que Sylvain Tanguay souhaite une main tendue du gouvernement pour reconnaître la réalité de plus en plus difficile de la Haute-Gaspésie. « Nous sommes la seule MRC à subir entièrement les impacts et conséquences des mesures de protection du caribou. Pire que ça, c’est le zoo de Saint-Félicien qui vient les nourrir. C’est une situation qui nous met en colère et j’estime que les candidats devraient considérer nos demandes qui sont pleinement justifiées. »
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