Résidence étudiante de Sainte-Anne-des-Monts

« Une verrue au centre-ville »

Par Johanne Fournier , Johanne Fournier 5:36 PM - 28 septembre 2026
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Depuis une quinzaine d'années, l'ancienne résidence étudiante de Sainte-Anne-des-Monts est désaffectée. Photo Johanne Fournier

Depuis une quinzaine d’années, l’ancienne résidence étudiante, située à côté de l’école Gabriel-Le Courtois à Sainte-Anne-des-Monts, croupit, placardée derrière ses murs de béton.

Propriété du Centre de services scolaire des Chic-Chocs, l’édifice est devenu, aux yeux du maire Simon Deschênes, le symbole d’un désengagement de l’État envers La Haute-Gaspésie, alors même que la campagne électorale provinciale bat son plein.

« Une verrue »

L’élu n’y va pas par quatre chemins pour décrire le bâtiment. « C’est une verrue au centre-ville de Sainte-Anne-des-Monts, lance-t-il. C’est un bâtiment qui appartient à l’État québécois et qui est placardé. C’est plutôt rare qu’on voie ça! On laisse un corps mort en plein centre-ville. Ce n’est pas à l’image du Québec qu’on veut avoir! »

Il rappelle que le besoin en hébergement étudiant est pourtant criant. Le Centre de formation professionnelle Micheline-Pelletier accueille à lui seul 175 jeunes adultes par année pour la formation de monteurs de lignes. « On est rendu avec un mini-campus en formation professionnelle », précise M. Deschênes, ajoutant que la Ville réclame une restauration ou une reconstruction depuis six à huit ans.

Plans refusés à deux reprises

Selon le maire, le Centre de services scolaire a présenté au ministère de l’Éducation des plans en bonne et due forme pour un nouveau bâtiment combinant école et résidence, qui aurait aussi remplacé l’école Champagnat, évacuée depuis six ans pour des problèmes de structure. Le projet aurait essuyé un refus, d’autant qu’il aurait été adopté sans unanimité au conseil d’administration du Centre de services scolaire.

« Il y a des bâtons dans les roues de ce dossier et je trouve ça regrettable », déplore Simon Deschênes. Par ailleurs, il s’interroge sur le projet de résidence de l’École des pêches et d’aquaculture de Grande-Rivière qui aurait franchi une nouvelle étape, pendant que celui de sa ville a été refusé, alors que les besoins en matière d’hébergement pour les étudiants du Centre de formation professionnelle sont tout aussi criants.

Interviewée par notre collègue Dominique Fortier de La Voix gaspésienne, la directrice générale du Centre de services scolaire des Chic-Chocs confirme les démarches infructueuses. « Nous avions déposé un projet pour la restauration de la résidence, mais il n’a pas été retenu », affirme Josée Synnott, précisant qu’une analyse de l’état du bâtiment démontre qu’« il y aurait encore quelque chose à faire ». « C’est quand même la deuxième année consécutive que nous déposons un projet et qu’il est refusé. »

Vide juridique et fiscal

La Ville se retrouve les mains liées. N’ayant pas encore adopté de règlement sur les bâtiments vétustes, une réglementation attendue en octobre, elle ne peut intervenir que sur le plan de la sécurité incendie, un enjeu déjà réglé depuis que les anciennes brèches, qui ont permis le vol de cuivre et du vandalisme il y a une douzaine d’années, ont été colmatées.

S’ajoute à cela l’irritant fiscal des tenant lieu de taxe, qui prive la municipalité de ses pleins revenus fonciers pour ce bâtiment.

Un peu d’histoire

L’ancien président de la défunte Commission scolaire des Chic-Chocs, Jean-Pierre Pigeon, situe l’origine du bâtiment dans la foulée du Rapport Parent et de l’Opération 55, qui a créé 55 écoles secondaires au Québec. Inaugurée le 3 mai 1972, la résidence a cessé d’être occupée avec l’ouverture d’écoles secondaires à Cap-Chat et à Mont-Louis.

Une étude commandée durant sa présidence aurait conclu à l’impossibilité de la rénover. « La structure qui avait été faite n’était pas adéquate pour faire des changements, relate-t-il. Il fallait la mettre à terre. »

M. Pigeon nuance néanmoins le terme de « verrue » employé par le maire. « Physiquement, elle n’a pas l’air délabrée. »

Une démolition financée par Québec?

L’ancien commissaire scolaire plaide pour une démolition financée par le ministère de l’Éducation, jugeant le centre de services scolaire incapable d’assumer seul la facture.

De son côté, le maire Deschênes espère que les candidats provinciaux se prononceront sur ce dossier durant la campagne. « Mon plus grand souhait est de refaire une résidence étudiante parce que le besoin est présent et identifié. »

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