Les princes charmants

Nouveau récit intime d’Éric Dupont

Par Johanne Fournier , Johanne Fournier 10:04 PM - 19 septembre 2026
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Le livre « Les princes charmants » d'Éric Dupont est arrivé en librairie. Photo courtoisie

Publié par les éditions Marchand de feuilles, le livre Les princes charmants d’Éric Dupont est arrivé en librairie le jeudi 10 septembre. Né à Amqui en 1970 et ayant grandi en partie à Saint-Ulric, l’auteur de La fiancée américaine y revisite son propre parcours avec humour et lucidité, retraçant les blessures et les rencontres qui ont façonné sa vie.

L’éditeur décrit l’ouvrage comme « un portrait tendre et caustique de la vie d’un professeur en mille miettes ». Il est à la fois « un avertissement et un émerveillement ».

En portugais d’abord

Le projet couvait depuis longtemps, alors qu’Éric Dupont voulait raconter une fin de semaine passée à Toronto en 2010. L’occasion ne s’est présentée que par un chemin détourné : des cours de portugais écrit.

« Une fois par semaine, je devais produire un texte de deux pages pour mon prof, raconte-t-il. Après 50 semaines, j’en avais assez pour faire un récit. »

Le livre a ensuite été traduit vers le français. L’auteur a résisté à la tentation de l’embellir.

« Le verbe est beaucoup plus simple, les phrases sont beaucoup plus courtes, précise le professeur de traduction et de rédaction à l’Université McGill de Montréal. Ça donne un récit beaucoup plus punché. »

Titre au pluriel

Le titre joue sur le nombre. Plusieurs princes traversent le récit, dont Paul, le conjoint brésilien à qui s’adresse le narrateur et le père de l’auteur.

« En fin d’écriture, mon éditrice m’a rappelé que j’étais apparemment aussi l’un des princes charmants », confie-t-il en riant.

Le poids du père

Une bonne partie du livre s’attarde à la relation avec son père, marié six fois, qui a tenté le hockey, l’hypnose et une thérapie de conversion pour changer l’orientation sexuelle de son fils.

« À l’âge de 18 ans, il y a une partie de moi-même qui croyait que ça pouvait fonctionner », avoue Éric Dupont, qui a finalement refusé de participer à la thérapie de conversion.

Son père est mort pendant la pandémie, à l’âge de 73 ans en République dominicaine, des suites d’une maladie liée à l’alcool. Avec le recul, l’écrivain dit porter un regard plus empathique sur cet homme. « J’ai un peu pitié de mon père, qui pensait que l’homosexualité est une maladie qui se guérit. »

L’écrivain insiste sur la portée encore actuelle du sujet.

« Les thérapies de conversion sont devenues illégales par une loi fédérale, souligne M. Dupont. Pourtant, ça se passe encore ici, chez nous, sur des gens qui ont 24 ou 25 ans. Ce n’est pas possible, le mal qu’on fait à ces gens-là. »

Le livre pose une question centrale : le bonheur peut-il se trouver dans la rencontre d’un seul homme? Éric Dupont n’y répond pas de façon tranchée, évoquant plutôt un mélange constant de désir et d’anxiété. « L’amour nous envoie toujours sur la corde raide », résume-t-il.

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