Mario Létourneau

Une vie entre le droit, la montagne et l’écriture

Par Johanne Fournier , Johanne Fournier 3:33 PM - 31 août 2026
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Mario Létourneau a raconté sa vie et présenté les trois livres qu'il a écrits depuis la retraite. Photo Johanne Fournier

Dans le cadre de ses rencontres estivales, la Société d’histoire Haute-Gaspésie a accueilli Mario Létourneau, le samedi 15 août à Sainte-Anne-des-Monts, pour une présentation autour de sa vie et des trois livres qu’il a écrits depuis sa retraite.

Une quinzaine de personnes sont venues entendre l’ancien juriste raconter les anecdotes qui ont marqué sa carrière, à l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage, De Mont-Louis à Mont-Louis, en passant par la vie.

Petit-fils d’un agriculteur et pêcheur de l’île d’Orléans établi à Mont-Louis, Mario Létourneau évoque une famille nombreuse et une enfance simple, mais heureuse. « J’ai eu une enfance comme je souhaiterais que tout le monde ait aujourd’hui, raconte-t-il. On jouait dehors tout le temps. On rentrait à la maison fatigué. On dormait. On se levait reposé. »

Il quitte Mont-Louis à l’âge de 11 ans pour le Collège Saint-Laurent, à Montréal, après avoir sauté trois années scolaires. « J’ai rendu service à la société, puisque j’ai commencé à travailler comme avocat trois ans plus tôt », résume-t-il, un peu en boutade.

Carrière en droit du travail

Devenu avocat à 23 ans, il plaide dès ses 25 ans devant la Cour suprême du Canada. Après une brève incursion en droit criminel, marquée par une expérience bouleversante, il bifurque vers le droit du travail, un domaine qu’il pratiquera pendant cinq décennies. « Un peu plus de 30 ans du côté syndical, une dizaine d’années du côté patronal et le reste de ma carrière comme arbitre, avant de prendre ma retraite à près de 80 ans », précise-t-il.

” J’ai conseillé l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien, l’ACSTA, dans la négociation et surtout pour l’uniformisation des conditions de travail des agents de fouille œuvrant dans tous les aéroports du Canada “, continue-t-il. 

L’appel de l’écriture

À la retraite, l’ancien juriste se tourne vers l’écriture pour donner forme aux souvenirs qui l’habitaient depuis longtemps. « À la retraite, c’est plate, confie-t-il. Donc, j’ai commencé à écrire. J’avais déjà des choses, dans la tête, qui s’étaient passées dans ma carrière et qui m’inspiraient à écrire. »

Son premier roman, Le premier sanglot, s’inspire d’une cause qu’il a défendue et perdue dans les années 1980, celle d’un policier aux prises avec la toxicomanie. En écrivant cette histoire, il a voulu comprendre les origines de la souffrance de cet homme. « Son monde a dû s’arrêter, laisse-t-il tomber. J’étais très déçu. »

La montagne comme école de vie

Passionné de musique, d’art et de plein air, Mario Létourneau a aussi trouvé dans l’ascension de montagnes une source d’apprentissage personnel. Initié à 42 ans, il a gravi la plupart des sommets de l’est de l’Amérique du Nord. « Ça m’a appris à vivre et ça m’a sauvé la vie », admet-il. Cette expérience nourrit largement son dernier livre, où il tisse des liens entre la nature, l’eau et le cycle de la vie humaine.

En clôture de la rencontre, il a livré le message qui semble avoir guidé son parcours : « Il faut qu’on fasse ce qu’on aime pour aimer ce qu’on fait. »

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