Julie Mimeault, accompagnatrice au deuil

Une mission de vie

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Par Véronique Bossé , Johanne Fournier 10:21 PM - 9 août 2026 Initiative de journalisme local, Johanne Fournier
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Julie Mimeault, accompagnatrice au deuil. Photo courtoisie

Le point de départ remonte à l’enfance. Julie Mimeault de Sainte-Anne-des-Monts se souvient d’avoir accompagné ses parents au salon funéraire dès son plus jeune âge, sans jamais y être obligée. « C’était naturel pour moi de faire ça », raconte celle qui est aujourd’hui accompagnatrice au deuil.

C’est une tragédie survenue en 1986, alors qu’elle avait 9 ans, qui a d’abord marqué son rapport à la mort : l’explosion d’une pharmacie, qui a coûté la vie à deux de ses amies et à leur mère.

« J’ai vu les trois cercueils, se rappelle-t-elle. J’étais assommée! »

Le tiroir fermé à double tour

D’autres deuils suivront, dont celui d’un ami mort après avoir été happé par une voiture devant l’école, le jour de son inscription au secondaire.

« Du jour au lendemain, j’ai arrêté de pleurer, raconte Julie Mimeault. J’ai mis ça dans un tiroir barré à double tour et j’ai jeté la clé. »

Mais, ce tiroir ne restera pas fermé indéfiniment.

« Le drame a refait surface plusieurs années plus tard, admet-elle. Je me suis effondrée. »

Le même mécanisme se reproduira à l’âge de 20 ans, après le suicide de son oncle, dont elle a été la dernière confidente.

« Ça a pris cinq ans avant de comprendre l’impact que ça avait eu », reconnaît-elle.

D’une vague de deuils naît une entreprise

Pour Julie Mimeault, le véritable tournant survient en 2020, en pleine pandémie. En cinq semaines, elle perd quatre proches. L’année suivante, la famille est frappée par d’autres décès. Plutôt que de sombrer, elle choisit d’agir.

« Ça a été instinctif de m’occuper de tout le monde. Puis, ça me faisait du bien. » En décembre 2021, entre deux chirurgies pour des lésions précancéreuses, elle devient accompagnatrice au deuil. « Cette entreprise m’a sauvée », avoue-t-elle.

« J’accompagne les gens qui sont en deuil au sens large : la mortalité, une perte d’emploi, une maladie, une séparation, une peine d’amour, un deuil blanc… J’ai monté différentes formations, des conférences, des ateliers de groupe. »

Marcher à côté

Julie Mimeault refuse l’étiquette de coach. Elle préfère parler d’accompagnement.

« C’est le chemin de la personne et je marche avec elle. »

Cette philosophie peut se traduire par des interventions loin des cadres classiques : rencontres au bord de la mer ou même accompagnement téléphonique en pleine épicerie. Des consultations sont offertes en personne ou en ligne.

Une présence humaine contre l’IA

Julie Mimeault a récemment lancé une page sur la plateforme Patreon, où les gens peuvent s’abonner pour avoir accès à des capsules, à des réflexions ou à un contact avec elle.

« J’en vois qui se consolent avec ChatGPT. Ça me fend le cœur! » Elle veut ainsi offrir une alternative. « Avec moi, c’est un humain avec un cœur qui bat et avec une volonté réelle d’aider qui parle aux endeuillés. Ce n’est pas une machine. »

Pour joindre Julie Mimeault : julieaccompagnatricedeuil@gmail.com

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