Réactions mitigées sur le plan de gestion du bar rayé
Pour le moment, le statu quo est appliqué quant au nombre de captures quotidiennes. Photo Facebook - MELCCFP
Le ministère de l’Environnement du Québec a déposé son plan de gestion du bar rayé, visant à mieux encadrer cette ressource marine. Le document entraîne quelques frustrations chez les principaux intéressés.
Pour le moment, le statu quo est appliqué quant au nombre de captures quotidiennes, soit trois, contrairement à nos voisins du Nouveau-Brunswick, où la limite est de quatre.
Par ailleurs, il y a également des dispositions sur la longueur qui sont maintenues, contrairement à ce qui était demandé par les pêcheurs.
Mécontentement à la FédéCP
Du côté de la Fédération des chasseurs et pêcheurs du Québec, le président régional, Alain Poitras, est déçu que le ministère de l’Environnement ait ignoré leurs recommandations, tant sur la limite de taille qu’on souhaitait voir disparaître que sur le nombre de prises. « Rien ne bouge et nous ne sommes pas contents. On aurait au moins souhaité qu’on augmente la limite à quatre pour s’arrimer au Nouveau-Brunswick, mais c’est ce qui arrive lorsque nos rivières sont gérées par Québec alors que le reste du Canada est sous la responsabilité du fédéral. »
Ce dernier rappelle que le bar rayé est un prédateur. En ce sens, Alain Poitras croit que les règles devraient être assouplies. « On va quand même continuer de se battre avec nos idées. Ça fait déjà assez longtemps qu’il est entré dans la baie, il me semble que ce serait le temps d’apporter des changements. »
Il y a tout de même de bonnes choses qui émanent de ce plan, précise-t-il, comme la volonté d’élargir la pêche sur le fleuve dans certains secteurs vers Québec. Toutefois, le tout est conditionnel au sceau d’approbation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. « C’est quelque chose qu’on attend depuis longtemps, alors on a hâte que la décision tombe », poursuit Alain Poitras.
Un œil sur la suite des choses
Plus à l’est, le directeur général de la Société de gestion des rivières de Gaspé garde un œil attentif sur l’évolution de la situation. Sans commenter directement le nouveau plan de gestion présenté par Québec, Benoit Bond précise d’emblée que, lors des décomptes de montaison des saumons, le nombre de bars rayés dans les rivières est aussi comptabilisé. Les données sont ensuite acheminées à Québec au ministère de l’Environnement pour en assurer le suivi.
« Il y en a effectivement qui montent en rivière. C’est une situation qu’on suit de très près. On n’en a pas 200, mais on regarde l’évolution pour voir s’il y a une augmentation ou non au fil de la saison et des années. On ne veut pas arriver à la même situation qui prévaut dans la Baie-des-Chaleurs. »
Rappelons qu’il existe deux populations de bars rayés au Québec : celle du fleuve Saint-Laurent et celle du sud du golfe du Saint-Laurent. Les individus de la population du fleuve Saint-Laurent sont présents au Québec toute l’année pour accomplir l’ensemble de leur cycle de vie. Leur pêche est interdite.
Ceux du sud du golfe du SaintLaurent migrent vers les eaux du Québec, principalement en été. Ils hivernent et se reproduisent surtout dans la région de la rivière Miramichi au NouveauBrunswick. Après un déclin dans les années 1990, frôlant l’extinction, des efforts de conservation ont été déployés – notamment la fermeture complète de la pêche – ce qui a permis à l’espèce de se rétablir. La pêche récréative a été permise en 2013.
En collaboration avec Jean-Philippe Thibault
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