Journée des phares à Matane

Un franc succès pour la Journée des phares

Par Johanne Fournier , Johanne Fournier 4:14 PM - 28 juillet 2026
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La Journée québécoise des phares a connu un franc succès à Matane. Photo Johanne Fournier

La Journée québécoise des phares a connu un franc succès à Matane. 

Le lundi 13 juillet, des centaines de personnes ont été du rendez-vous au phare de Matane pour découvrir ou redécouvrir cet emblème local. Les visiteurs ont pu participer gratuitement à la visite guidée du phare et monter au sommet de la tour, entendre des récits du patrimoine maritime et profiter de l’ambiance musicale signée Denis Mark Vallée.

« On a reçu près de 250 personnes, se réjouit la directrice du développement touristique à Développement économique Matanie. La veille, on avait eu 103 personnes. On a plus que doublé notre achalandage! » Elle est tout aussi heureuse de l’engouement que l’événement a suscité auprès des locaux. « Sur les 21 % qui provenaient de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent, 18 % provenaient de La Matanie », indique Valérie Landry-Cayouette.

Les visites guidées se sont enchaînées sans interruption de 9h à 18h et les visiteurs ont également pu voir l’exposition interactive Les Chic-Chocs en hiver, aménagée au sous-sol de la maison du gardien.

Une date chargée d’histoire

Le choix du 13 juillet n’est pas anodin. C’est à cette date, en 1801, que des capitaines de navires ont réclamé la construction de phares pour sécuriser les passages les plus dangereux du Saint-Laurent.

Cela a mené à la création de la Maison de la Trinité de Québec en 1805, qui était un organisme de réglementation maritime, ainsi qu’à l’érection du tout premier phare l’année suivante.

Victime de l’érosion

Lors de la Journée des phares à Matane, l’un des guides a raconté que la structure existante n’est pas la première. « Le phare actuel est le deuxième phare de Matane, a précisé Tomas Gagné en s’adressant au groupe de six personnes auquel La Voix gaspésienne s’était jointe. Il n’est plus sur le terrain sur lequel il a été construit parce que, dans les 100 dernières années, l’érosion a mangé environ 50 à 60 mètres de terrain. »

Menacé par l’instabilité du sol, le premier phare a fermé en 1905 avant que le second ne soit achevé en 1906 avec un dôme de verre importé de Paris, l’un des seuls endroits au monde capables de produire une vitre suffisamment claire pour l’époque.

Sauvé par un dollar

Le phare actuel a bien failli disparaître. Actif de 1906 à 1951, il a été éteint lorsque les technologies maritimes ont rendu les phares moins essentiels. Ottawa a ensuite lancé un projet pilote pour démolir les phares gaspésiens, en commençant par celui de Matane, jugé assez isolé pour ne pas soulever de protestations.

C’est Charles-Édouard Vézina, de la Société d’histoire et de généalogie de Matane, qui l’a sauvé. « Il a engagé des procédures juridiques contre le gouvernement du Canada et a finalement acheté le bâtiment pour la somme symbolique d’un dollar », relate Tomas Gagné. D’ailleurs, une montagne de la réserve faunique de Matane porte aujourd’hui son nom.

La vie des gardiens

Le phare n’a connu que six gardiens en près de 80 ans. Leur quotidien consistait à entretenir la lumière, sonner la corne de brume par temps de brouillard, remonter le mécanisme à poids toutes les huit heures et s’occuper du bétail servant à nourrir leur famille. Fait plutôt méconnu, ce sont souvent les épouses des gardiens qui tenaient les registres, faute d’instruction de leur mari.

Depuis les années 1960, l’ancienne maison du gardien sert de bureau d’accueil touristique et la tour du phare peut être visitée depuis une vingtaine d’années.

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