On parle de plus en plus d’une menace réelle à nos plans d’eau : les espèces envahissantes. Il n’y a rien d’exagéré. Les efforts déployés en matière de sensibilisation ne seront jamais de trop face au danger bien réel qu’elles représentent pour les cours d’eau. Il est urgent de mesurer l’ampleur de cette menace qui plane tout près de nous.
La moule zébrée et la myriophylle à épis en sont des exemples. Une fois qu’elles s’implantent dans un plan d’eau, il devient impossible de renverser la situation. En quelques saisons, l’équilibre d’un écosystème peut être bouleversé, avec des répercussions qui se feront sentir pendant des décennies.
Tournée de sensibilisation sur le terrain
Pêches et Océans Canada poursuit sa tournée de sensibilisation aux espèces aquatiques envahissantes. L’équipe fait notamment la démonstration des bonnes pratiques en matière de nettoyage des embarcations. L’objectif est d’informer les plaisanciers sur les méthodes les plus efficaces pour lutter contre ces espèces envahissantes.
Ces espèces ont été introduites dans des environnements où elles ne sont pas naturellement présentes. Selon le ministère fédéral, elles possèdent la capacité de croître rapidement, de supplanter d’autres espèces indigènes et même de modifier des habitats qui ne leur étaient pas destinés. Après la perte d’habitat, elles représentent la deuxième plus grande menace pour la diversité des écosystèmes. Elles perturbent également nos activités récréatives.
Encadrement légal
En vertu du Règlement sur les espèces aquatiques envahissantes, il est illégal d’introduire une espèce aquatique dans un milieu où elle n’est pas indigène.
Ce cadre légal existe parce que les conséquences d’une introduction, volontaire ou accidentelle, peuvent être irréversibles.
Le rôle essentiel des plaisanciers
Les espèces aquatiques envahissantes peuvent s’attacher aux bateaux et aux équipements nautiques. Les propriétaires d’embarcations jouent donc un rôle de premier plan pour prévenir leur propagation. Il est recommandé de laver l’équipement, idéalement de l’eau chaude sous pression, de vider l’eau du moteur, de la cale et des viviers sur la terre ferme, loin des plans d’eau, ainsi que de sécher l’équipement avant d’entrer dans un autre cours d’eau. S’ils sont répétés à chaque sortie, ces gestes font toute la différence.
Si vous croyez avoir observé une espèce aquatique envahissante, tentez de l’identifier à l’aide d’un carnet des espèces envahissantes fourni par Pêches et Océans Canada. Prenez des photos, notez l’endroit, le nombre d’individus observés et la date, puis transmettez ces informations à dfo.queais-eaeque.mpo@ dfo-mpo.gc.ca ou communiquez au 1 877 722-4828.
Des organismes régionaux mobilisés
Outre le ministère des Pêches et des Océans, plusieurs organismes se mobilisent pour protéger non seulement nos cours d’eau, mais aussi nos milieux côtiers. Le Comité ZIP Gaspésie déploie des activités d’intendance environnementale, de nettoyage des berges et d’éducation citoyenne le long du littoral gaspésien et de la baie des Chaleurs. L’organisme se spécialise dans le contrôle et l’éradication de deux espèces exotiques envahissantes présentes dans les milieux côtiers de la région : le roseau commun exotique et la renouée du Japon.
De son côté, le Comité ZIP du Sud-de-l’Estuaire coordonne la concertation régionale pour la protection des milieux côtiers du Bas-Saint-Laurent, offrant différents services liés aux espèces exotiques envahissantes.
N’oublions pas non plus les organismes de bassins versants. Celui du Nord-Est du Bas-Saint-Laurent couvre notamment le bassin de la rivière Matane. Quant au Conseil de l’eau du Nord de la Gaspésie, il supervise la zone côtière nord de la péninsule, incluant les rivières Cap-Chat, Sainte-Anne et Madeleine. Pour sa part, le Conseil de l’eau Gaspésie Sud veille sur les bassins versants du sud de la Gaspésie qui se jettent dans la baie des Chaleurs et le golfe du Saint-Laurent. Enfin, l’Organisme de bassin versant Matapédia-Restigouche couvre le bassin des rivières Restigouche et Matapédia.
Chacun son rôle à jouer
La protection de nos plans d’eau est l’affaire de toute une communauté. Informez-vous auprès de ces organismes pour connaître les activités de sensibilisation près de chez vous.
C’est collectivement que nous pourrons préserver la richesse de nos plans d’eau pour les générations à venir.
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