Un pas de plus vers des regroupements municipaux

Par Dominique Fortier 12:07 PM - 17 juillet 2026 Initiative de journalisme local
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Le préfet de la Haute-Gaspésie, Sylvain Tanguay. Photo Dominique Fortier

Une nouvelle étape est franchie dans le projet de regroupements municipaux instigué par la MRC de la Haute-Gaspésie.

Les municipalités devaient toutes, sans exception, adopter une résolution autorisant la MRC à faire les démarches nécessaires auprès du ministère des Affaires municipales pour lancer les études. Celles-ci devraient débuter dès cet automne.

Pour le préfet de la MRC, Sylvain Tanguay, il s’agit d’un bon signal de la part des municipalités. « C’est certain qu’il y a une volonté de faire ces études et voir comment on peut se restructurer. Ceci dit, il y a des réticences et des questionnements. Je me suis d’ailleurs déplacé à Rivière-à-Claude pour répondre aux questions des citoyens. On a fait un tour d’horizon fort intéressant concernant les préoccupations immédiates, mais aussi pour l’avenir plus éloigné. »

Est-ce que l’identité de la municipalité sera préservée ? Est-ce que ça coûtera plus cher ? Voilà des questions que se posaient les citoyens lors de la rencontre avec le préfet. « Sans que ce soit unanime, la majorité des élus sont favorables à cette analyse en matière de gouvernance. Et plus le processus va avancer, plus les opinions seront argumentées et ça va donner une consultation encore plus intéressante », soutient le préfet.

Qu’en pensent les élus ?

Du côté de Rivière-à-Claude, le maire, Roberge Castonguay, confirme que ses citoyens avaient de nombreuses questions sur le sujet. C’est d’ailleurs pourquoi il avait invité le préfet à venir répondre directement aux gens, sur place, pendant la dernière rencontre du conseil municipal.

« Ce que je pense, c’est que nous pourrons faire beaucoup d’économies sur la direction générale et l’administration. On fera probablement aussi des économies sur les services offerts. Il faut aussi considérer que ce sera plus facile de répondre aux obligations légales qu’ont les municipalités envers le gouvernement », explique le maire.

Ce dernier souligne qu’il y a beaucoup de positif à retirer d’une telle démarche tout en ajoutant qu’il ne faut pas oublier l’identité du village, de là l’importance de ne pas répéter les erreurs des fusions forcées de 2000. « Il y a une riche histoire à Rivière-à-Claude qui remonte à 1844. En plus, le premier citoyen était un Castonguay. Ça serait donc mon arrière-arrière-grand-père. Quoi qu’il en soit, la décision finale n’est pas pour demain. Je ne serai probablement plus maire à ce moment-là », conclut-il en souriant.

La Martre

Si l’on se déplace à La Martre, le maire, Yves Sohier, voit aussi beaucoup de positif à de possibles regroupements municipaux. « Est-ce qu’on deviendra une, ou deux, ou trois villes? On ne le sait pas encore. Chose certaine, c’était important pour certains conseillers qu’on parle bien d’une étude et non pas d’un fait accompli. C’est bien comme ça, parce qu’on n’a aucune obligation d’accepter la proposition qui sera faite comme ce fut le cas avec Sainte-Anne et Tourelle à l’époque. »

Quant au cœur de la démarche, Yves Sohier se dit en accord avec le principe de partager des ressources, chose que la municipalité fait déjà. « Par exemple, on partage, à trois municipalités, un employé qui se charge de nos tests d’eau potable. On partage aussi de l’équipement de voirie avec Mont-Louis et Mont-Saint-Pierre. C’est génial d’avoir du soutien lorsqu’on a un bris d’équipement. »

Le maire Sohier ajoute qu’il est difficile de trouver autant des élus que des gens pour occuper des postes, comme la direction générale. Il soutient également que les petites municipalités n’ont pas les budgets nécessaires pour répondre à toutes les obligations gouvernementales ni pour l’embauche d’experts, en géologie ou en urbanisme, par exemple.

Il termine en disant que, peu importe le scénario retenu, le plus important sera de conserver une voix forte au sein d’un futur conseil regroupé. « Même si on est en minorité autour de la table, nos projets seront considérés comme des projets communs. On pourra aussi avoir des référendums locaux pour bien consulter notre populaire de La Martre et Cap-au-Renard. »

Cap-Chat

Quant à Cap-Chat, où il existe un fort sentiment d’appartenance, la mairesse, Marie-Eve Godbout, explique qu’elle est favorable à l’étude, sans s’avancer davantage sur la décision finale que la municipalité prendra. « Je crois qu’il est important d’avoir des données, des chiffres et des exemples afin de pouvoir faire de bons choix suite aux recommandations qui nous seront présentées. »

Quant aux échos de la population, Marie-Eve Godbout admet que les gens sont divisés. « Certains sont favorables à une étude, d’autres sont plus frileux et craignent qu’on perde de l’autonomie. C’est d’ailleurs un élément qui est fort important pour nous. »

Cap-Chat pratique déjà la coopération intermunicipale, notamment avec des appels d’offres communs avec Sainte-Anne-des-Monts et le service incendie avec Les Méchins. « Au terme de l’étude, il faudra voir les bénéfices réels qu’on pourrait retirer. Peut-être qu’on en viendra à la conclusion que tout ce brouhaha ne vaudrait pas la peine si les bénéfices s’avèrent être trop marginaux. Ou, au contraire, peut-être qu’on découvrira qu’il y a des bénéfices intéressants à regrouper certains services. » C’est donc avec beaucoup de prudence que l’élue approche cette démarche. « Ça prend vraiment des données probantes pour prendre une décision et il faut entendre ce que nos citoyens ont à dire. Pour l’instant, il est trop tôt pour se prononcer sur quoi que ce soit. »

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