Le gouvernement du Québec a autorisé la poursuite de la planification du projet de modernisation du port de Matane, une infrastructure attendue depuis près de vingt ans par les intervenants du Bas-Saint-Laurent. L’enveloppe de 21,6 millions de dollars permettra au ministère des Transports et de la Mobilité durable d’amorcer la procédure d’évaluation environnementale et de préparer le dossier d’affaires du projet.
C’est le ministre responsable de la Stratégie maritime, Bernard Drainville, qui a fait le déplacement à Matane, le vendredi 10 juillet, pour annoncer la nouvelle devant plusieurs dizaines d’élus et de gens d’affaires. Il était accompagné de l’adjoint gouvernemental du ministre délégué aux Régions pour le Bas-Saint-Laurent, le député Mathieu Rivest.
« Le gouvernement du Québec, à son Conseil des ministres du 2 juillet, a autorisé l’avancement et l’accélération du projet de réfection du port de Matane », a déclaré M. Drainville, précisant que le ministère pourra désormais déposer l’étude d’impact environnemental et lancer officiellement le processus d’évaluation.
Deux phases
Le projet prévoit la construction d’un nouveau poste à quai, la reconstruction du quai existant, le réaménagement des aires d’entreposage et le rehaussement du brise-lames. Les travaux se dérouleront en deux étapes afin de maintenir les activités portuaires en tout temps.
« La première étape va être de construire un quai tout neuf. Puis, une fois qu’on aura construit le nouveau quai, on va procéder, dans une deuxième étape, à la démolition du quai actuel et à la reconstruction d’un deuxième quai », a expliqué le ministre, ajoutant que l’objectif est d’éviter tout arrêt des opérations, jugées vitales pour l’économie régionale.
M. Drainville a également insisté sur le caractère stratégique du site. « Matane a un port en eau profonde. Donc, il devient un actif très important dans un contexte où le Québec cherche à diversifier ses marchés d’exportation, notamment vers l’Europe. »
Carrefour intermodal
Le député de Matane-Matapédia-Mitis a salué une « victoire collective », rappelant que le dossier était sur pause depuis trois ans, faute d’autorisation gouvernementale, et qu’il représente plus de 1130 emplois directs et indirects. Pour Pascal Bérubé, il s’agit du plus gros projet pour Matane depuis qu’il a été élu.
Pour sa part, le maire de Matane, Eddy Métivier, qui s’est dit ému, a souligné les retombées attendues, évoquant jusqu’à 400 emplois additionnels et le soutien d’entreprises comme Duravit et SAPPI. « Le Saint-Laurent coule dans nos veines », a-t-il lancé en remerciant le gouvernement pour son écoute.
La présidente-directrice générale de la Société portuaire du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie, Anne Dupéré, a insisté sur la mobilisation du milieu depuis 2016, notant qu’une quarantaine d’activités de consultation ont déjà été menées auprès des citoyens, des usagers, des entreprises, des groupes environnementaux et des Premières Nations.
Prochaines étapes
Le projet est inscrit au Plan québécois des infrastructures 2026-2036 et demeure assujetti à la Directive sur la gestion des projets majeurs d’infrastructure publique.
Les démarches pour l’obtention des autorisations fédérales, notamment liées aux eaux navigables et à la protection des espèces en péril, seront également entreprises dans les prochaines semaines. Le ministre Drainville assure que, d’ici 2032, la modernisation du port de Matane sera complétée.
Horizon
Horizon, des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.