Le Réseau des organisateurs de spectacles de l’Est-du-Québec (ROSEQ) souhaite que les budgets dédiés aux sorties culturelles soient maintenus dans les écoles.
Dans les faits, l’enveloppe n’a pas disparu. Elle a plutôt été jumelée à celles des activités sociales, pédagogiques et sportives. L’idée, selon le gouvernement du Québec, était de donner plus de latitude aux écoles dans la gestion de leurs budgets d’activités.
Selon le ROSEQ, donner cette souplesse aux écoles entraînera une baisse des sorties culturelles. C’est du moins l’opinion de Frédéric Lagacé, directeur du ROSEQ et de Manon Morin, directrice générale du Réseau Scènes. « Sur le terrain, l’expérience des dernières décennies montre plutôt qu’elle entraînera un net recul », soutiennent-ils.
Frédéric Lagacé précise que ce ne sont pas toutes les écoles qui utiliseraient les budgets culturels à d’autres fins, mais pourquoi prendre la chance alors que des enveloppes étaient déjà dédiées? « Ce qui nous irrite, ce sont les arguments de la ministre qui parle de la complexité du transport pour amener les élèves vers les salles de spectacles. Nous sommes dans un grand territoire et le transport fait partie de l’équation. C’est une question d’équité. »
Il ajoute que si la question ne se pose pas lorsque vient le temps de parcourir plusieurs kilomètres pour aller aux glissades d’eau, alors pourquoi soulever l’argument du transport pour aller voir un spectacle?
Les deux réseaux de diffusion croient qu’on risque de s’éloigner de l’objectif préalablement établi par Québec d’offrir au moins deux sorties culturelles par année aux élèves des différentes écoles, et ce, peu importe de quel coin de la province ils proviennent.
Pas juste dans le gymnase
On insiste également sur l’importance pour les jeunes de découvrir les artistes d’ici dans des contextes professionnels et d’être exposés à la culture aux premières loges. « Cette rencontre directe avec la création constitue une étape importante dans la formation de citoyens curieux, critiques et engagés dans la vie culturelle de leur communauté », ajoutent les deux responsables des réseaux de diffuseurs.
Un autre point apporté est l’accessibilité à la culture pour des régions plus éloignées où les salles de spectacles ne sont pas nécessairement à deux pas de la maison ou des écoles. « L’accès à la culture ne devrait pas devenir inégal selon la distance à parcourir entre l’école et le lieu culturel », soulignent Frédéric Lagacé et Manon Morin, qui estiment qu’une vraie rencontre artistique devrait se faire dans un lieu dédié, et non pas seulement dans les gymnases de l’école comme c’était le cas dans les années 80 et 90.
Le ROSEQ et le Réseau Scènes demandent donc au gouvernement du Québec de préserver les enveloppes protégées pour les sorties culturelles afin de ne pas perdre ces rendez-vous entre les jeunes et les artistes qui façonnent leur esprit critique et qui les éveillent à la culture qui vit autour d’eux.
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