Agression sexuelle sur une enfant de 7 ans

Le poids du silence

Par Johanne Fournier , Johanne Fournier 8:50 PM - 17 juin 2026
Temps de lecture :

Si Martine Gauthier dévoile son histoire, c'est parce qu'elle veut que l'on sache que l'agression sexuelle qu'elle a subie à l'âge de 7 ans est vraie. Elle invite aussi les victimes d'abus sexuels à porter plainte. Photo courtoisie

Martine Gauthier avait 7 ans lorsque sa vie a basculé. « À cet âge-là, on ne comprend pas vraiment ce qui nous arrive, confie la femme aujourd’hui âgée de 56 ans, qui a été victime d’une agression sexuelle commise en 1977 à Matane par son oncle, Jean-Paul Gauthier. On ressent la peur, la confusion et souvent une culpabilité qui ne nous appartient pas. »

Le souvenir des samedis soir demeure douloureux. Chaque fois que ses parents annonçaient qu’ils partaient pour aller danser et que, par conséquent, elle se ferait garder chez son oncle Jean-Paul, la fillette fondait en larmes. « Je braillais et braillais sans arrêt. Ma mère se posait des questions et mon père disait que j’étais un bébé gâté. »

Une culpabilité qui ne lui appartenait pas

Pendant des décennies, Martine Gauthier a porté seule ce fardeau. « Je me disais que c’était de ma faute. Je me sentais sale. Puis, je ne voulais tellement pas décevoir mon père et ma mère! » Les séquelles l’ont suivie pendant toute sa vie d’adulte : consultations en psychologie, difficultés dans ses relations amoureuses.

Ce n’est qu’en 2015, à l’âge de 45 ans, qu’elle a écrit une lettre pour révéler son secret. Sa mère mourante l’a alors approuvée : elle savait que sa fille « ne braillait pas pour rien ».

Jean-Paul Gauthier a été déclaré coupable d’agression sexuelle le 27 janvier au palais de justice de Matane. Le 7 mai, le Matanais de 70 ans a été condamné par le juge Éric L. Morin à une peine de 18 mois à purger dans la collectivité. Le magistrat a aussi ordonné une probation de 24 mois qui suivra sa période de détention à domicile. Le septuagénaire sera inscrit au Registre des délinquants sexuels pour une période de dix ans.

« J’ai un poids de moins sur les épaules, souffle la victime à la lecture du verdict. Mais, j’ai appris à vivre avec la blessure et elle ne sera jamais guérie. »

S’abonner
Notification pour
guest
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

À lire également

« Je veux qu’on sache mon histoire »

Ni à vendre, ni à approuver, ni à voler

Procès de Claude Doiron : « Je ne suis pas un agresseur d’enfants »

Horizon

Horizon, des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.