La saison forestière est lancée

Avatar photo
Par Véronique Bossé 4:06 PM - 17 juin 2026 Initiative de journalisme local
Temps de lecture :

La saison forestière est débutée. Photo Véronique Bossé

La dernière partie du printemps marque le début de la saison de la plupart des entreprises forestières de la Vallée de La Matapédia et même du Québec. 

Le directeur général de la Société d’Exploitation des Ressources de la Vallée (SERV), Simon Pronovost, explique que plusieurs entreprises, comme la SERV, qui ont commencé leurs travaux de reboisement depuis quelques semaines.

« On a tout près de 300 000 arbres de reboisés déjà. D’ici quelques semaines, les débroussailleurs vont débuter leur saison. Ils vont commencer par faire de l’éclaircie commerciale, ou bien du nettoiement, pour ensuite, aux alentours du 15 juillet, s’enligner davantage vers des travaux d’entretien de plantation, de dégagement de plantation, afin d’enlever la régénération qui peut nuire aux plantations. Ça va continuer jusqu’aux alentours de la chasse à l’orignal. »

Il mentionnait en date du 8 juin que du côté des travaux de récolte, la plupart des entreprises n’avaient pas encore commencé, ou bien débutaient tranquillement le transport du bois.

« Pour ce qui est de la récolte de bois, c’est la même chose, ça commence au début du mois de juin pour pas mal toutes les entreprises qui en font. Alors que les travaux de débroussaillages retardent un peu. Ça ira à un peu plus tard, comme les travaux de préparation de terrain, étant donné qu’il s’agit vraiment du début de toutes les activités. »

Une année plus difficile

Sans adopter de discours alarmiste, le directeur général de la SERV concède toutefois que 2026 sera plus ardu pour la récolte de bois.

« C’est dû à plusieurs facteurs notamment, le marché américain, mais aussi le prix de l’énergie, soit le prix du carburant. Qu’on le veuille ou non, les coûts d’opération sont beaucoup plus élevés, ce qui fait en sorte qu’il reste un peu moins de profits aux propriétaires. Autrement dit, ce que ça leur coûte pour couper le bois est plus cher. Le positif là- dedans, c’est qu’on est capable de vendre et qu’il y a preneur pour ce bois. »

Il insiste cependant sur le fait qu’il s’agit d’une industrie résiliente.

« On est habitué. La stabilité linéaire, il n’y en a jamais eu en foresterie. Il y a des années où ça va bien, pour ensuite aller moins bien pendant quelque temps. On commence un cycle où ça va moins bien. Ce qui est le pire cette année, ce n’est même pas la situation avec les Américains, c’est le prix du carburant. »

Ce nouveau défi s’inscrit dans un contexte où les dernières années ont été particulièrement favorables pour la foresterie.

« Pendant la COVID, l’énergie ne coûtait pratiquement rien et le prix du bois avait augmenté. La situation actuelle n’est pas alarmante, comme à l’époque de la crise forestière, mais il demeure qu’on est dans un creux de vague. »

L’espoir demeure donc bien présent.

« On a la chance de faire affaire avec des usines d’ici qui sont quand même assez solides. Leur solidité fait en sorte qu’ils sont capables de passer les creux de vagues. C’est dû au fait qu’ils sont là depuis plusieurs années, qu’ils ont beaucoup d’expertise, qu’ils ont fait de bons choix par le passé et qu’ils ont connu de bonnes années, dernièrement, ce qui fait qu’aujourd’hui ils sont en mesure de traverser cette crise-là. »

Cours à bois pleines : faut-il s’alarmer?

En cette période de « creux de vague » pour l’industrie forestière, le directeur général de la Société d’Exploitation des Ressources de la Vallée (SERV), Simon Pronovost, précise que la vue de cours à bois pleines ne doit pas nécessairement être perçue comme un signal d’alarme. Il donne en exemple l’entreprise forestière Bois d’œuvre Cedrico.

« La cour à bois est pleine, mais ç’a lui prend une bonne avance, parce qu’elle consomme énormément. C’est donc normal, les cours sont toujours pleines de bois ronds, puisque ça leur prend un bon inventaire de bois pour que leurs opérations n’arrêtent pas. Ce n’est donc pas dramatique dans ces cas-là, parce que les usines opèrent quand même à plein rendement. Même qu’au contraire, les usines de scieurs sont preneurs de bois. Ils ont beaucoup d’emplois qui dépendent de ces usines et la dernière chose que les scieurs veulent, c’est arrêter de produire. »

Monsieur Pronovost précise que la nuance réside dans l’état du bois : rond ou scié. « La cour peut être pleine de bois rond, à transformer, mais elle peut aussi être pleine de bois qui a été transformé et qui ne trouve pas d’acheteurs. »

Il estime que la situation est un peu plus inquiétante du côté des usines de pâtes.

« Leurs cours sont peut-être un peu trop pleines pour leur capacité de production et ce n’est pas nécessairement bon. Que tu le veuilles ou non, quand tu fais de la récolte, tu sors tous les paniers de produits. Les sortes qui sont faciles à passer, c’est le fun, mais les sortes qui sont dures à passer, il faut quand même que tu les passes, alors c’est plus difficile du côté des ventes du bois de pâte ces temps-ci, tandis que du côté du bois de sciage, le marché est là. Le prix est peut-être un peu moins bon que l’an passé, mais le marché est là et c’est positif. »

À lire également

25 ans d’implication à célébrer

Du hockey pour tous les goûts cet automne

Saisie en matière de contrebande de cigarettes

Horizon

Horizon, des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.