C’est dans ses archives personnelles que Fleur Picher a retrouvé les œuvres qui constituent le cœur de l’exposition consacrée à Luc Giard, présentée à la bibliothèque Lucien-Lelièvre du Cégep de Matane jusqu’au 22 mai.
Ancienne compagne de l’artiste de 1999 à 2001, elle n’avait plus eu de contact avec lui depuis plusieurs années lorsqu’elle a appris son décès, survenu le 10 mars. « C’est cette conjoncture qui a fait qu’on a décidé de monter l’exposition », explique-t-elle.
Déterrer ces œuvres enfouies dans ses archives n’a pas été sans émotion. La collection comprend notamment des séries abstraites que Fleur Picher qualifie d’« absolument fantastiques », auxquelles Jean-Dominic Leduc, spécialiste de la bande dessinée, a ajouté cinq dessins de sa propre collection de Ticoune ze Whiz Tornado, le personnage fétiche de Giard. On y trouve également des portraits de personnages comme Francis Bacon, Jasper Johns et Alberto Giacometti. Giard travaillait à l’encre de Chine sur toutes les surfaces : pages de livres, simples feuilles d’imprimante, partitions de musique.
Un legs discret, mais profond
Pour Fleur Picher, l’exposition arrive à point pour rappeler l’influence de Giard sur la bande dessinée québécoise. Elle mentionne qu’il a été le mentor de Jimmy Beaulieu et une source d’inspiration pour Michel Rabagliati, deux dessinateurs et auteurs de bandes dessinées québécois. « Il n’a pas eu autant de reconnaissance qu’il aurait dû avoir de son vivant, déplore cependant la fille du célèbre peintre Claude Picher. L’exposition permet aux gens de le redécouvrir. »
Cette collection d’œuvres picturales et littéraires est une rare occasion de faire la connaissance d’un créateur québécois hors norme, qui aura été prolifique jusqu’à la toute fin de sa vie.
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