(JF) Les grandes photographies qui tapissent les murs de la microbrasserie La Fabrique de Matane ne sont pas de simples clichés de paysage. Ce sont des œuvres éphémères, construites sur le terrain par le sculpteur André Lapointe, puis immortalisées par l’objectif avant que la nature ne les efface. L’exposition Regard croisé plonge le visiteur au cœur d’une pratique artistique singulière : le land art organique.
Depuis une vingtaine d’années, l’artiste parcourt divers territoires maritimes, notamment ceux de la Gaspésie et de l’île d’Anticosti, en quête de lieux propices. « J’utilise ce que je trouve sur le lieu comme matériaux : la neige, des branches, des fruits, des pierres », explique le professeur d’art à la retraite. Souvent minimes, ses interventions visent à faire voir autrement ce que l’œil croit déjà connaître. « C’est une façon d’attirer l’attention et de faire revoir le paysage que l’on connaît déjà, mais avec un regard nouveau. »
Des images pour envelopper le regard
Les photographies sont montées en très grand format sur aluminium et acrylique, un procédé que M. Lapointe privilégie pour assurer leur pérennité. « Je les ai faites très grandes pour que les gens puissent, d’une certaine façon, entrer dans le paysage », précise-t-il.
À ces images, la poète Anick Arsenault ajoute sa voix discrète. « Je voulais que ce soit quelque chose de petit, de délicat, de court », dit-elle. Posés comme des pierres sur l’eau, ses vers prolongent l’œuvre sans l’alourdir. Selon André Lapointe, le résultat est presque hypnotique. « On lit un poème et ça nous jette dans l’œuvre avec une nouvelle lecture. »
Le catalogue s’intitulant D’après nature d’André Lapointe et le livre Habitantes d’Anick Arsenault sont en vente à La Chouette Librairie de Matane.
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