Qui aurait cru que le kiwi pourrait pousser au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie? C’est pourtant ce que démontrent Mélissa Pelletier et Claude-François Lamarche, cofondateurs d’Énergie Kiwi, établis à Saint-Ulric. Depuis 2021, ils cultivent une trentaine de cultivars, avec l’ambition de produire entre 30 et 50 tonnes de mini-kiwis d’ici cinq ans.
Contrairement aux idées reçues, la région offre des conditions idéales, de l’avis de M. Lamarche. « On a moins de difficultés ici à les faire pousser que dans des régions comme la Mauricie ou Montréal », affirme le producteur maraîcher originaire de Saint-René-de-Matane. Selon lui, l’explication tient au calendrier des gels. « On n’a pas de fleurs avant le 20 juin. Donc, on n’a aucun problème. C’est le gel printanier qui menace les plants. »
Des vertus remarquables
La démarche scientifique est au cœur du projet. « On s’est rendu compte, avec des recherches, que le mini-kiwi était potentiellement anti-cancer », explique Mélissa Pelletier, qui a grandi au Témiscouata.
Pour explorer les propriétés de ce fruit, l’entreprise collabore avec l’Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels (INAF), affilié à l’Université Laval à Québec.
« Il y a toujours de 20 à 30 % des kiwis qui sont déclassés parce que trop petits », ajoute par ailleurs Mme Pelletier. Autrement invendables, ces fruits alimentent directement le procédé de lyophilisation de l’entreprise, une façon de transformer un problème en produit à valeur ajoutée.
Un projet de biodiversité
Au-delà de ce fruit exotique, Énergie Kiwi cultive une cinquantaine de variétés de fruits, dont du pawpaw, « notre mangue canadienne », des baies d’argousier, des noisettes et certaines plantes médicinales.
« On essaie de ramener des variétés ancestrales qui existaient pour améliorer la biodiversité de l’endroit, comme avant », conclut la copropriétaire de l’entreprise.
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