Infimière, un métier en plein changement

Par Dominique Fortier 8:56 AM - 5 mai 2026 Initiative de journalisme local
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Le rôle des infirmières est appelé à changer avec de nouvelles dispositions législatives, Photo Archives

La profession infirmière a beaucoup changé au fil du temps et cette évolution se poursuit à travers de nouvelles responsabilités et compétences qui rendent les professionnelles plus indispensables que jamais.

L’infirmière clinicienne et enseignante au Cégep de Matane, Diana Cindie Tremblay, est aux premières loges de cette transformation alors que de nouvelles lois modifient leur rôle. « Depuis un peu plus de 20 ans, nous avons vu une augmentation de nos tâches afin que nous devenions un professionnel de la santé à part entière, mais surtout accessible pour toute la population. »

Les infirmières sont d’ailleurs de plus en plus présentes, que ce soit en pharmacie ou dans les CLSC. On voit aussi de plus en plus de cliniques privées, constituées exclusivement d’infirmières, qui ouvrent leurs portes où elles peuvent travailler de manière autonome. « Étant des professionnelles à part entière, cette autonomie que les nouvelles règles proposent est un pas dans la bonne direction. C’est ce qu’on souhaite, alors qu’avant, nous étions confinés à un rôle surtout clinique sous la responsabilité d’une prescription médicale », souligne l’enseignante.

Accès direct à une infirmière praticienne spécialisée (IPS)

Actuellement, il faut s’inscrire à un groupe de médecine familiale pour avoir accès à une IPS. Mais pour faire partie d’un GMF, il faut un médecin de famille. Et ça, c’est compliqué.

« Ce que la nouvelle législation prévoit, c’est que les infirmières praticiennes puissent elles-mêmes inscrire des patients sans être affiliées à un médecin. Autrement dit, les IPS pourront avoir leurs propres patients de manière indépendante, notamment pour des suivis en diabète ou en hypertension artérielle. Elles peuvent déjà renouveler des médicaments, référer à des spécialistes et effectuer des examens annuels », explique Diana Cindie Tremblay.

Ces lois ont pour but de permettre à certaines infirmières d’avoir une plus grande marge de manœuvre pour intervenir auprès des clients, sans nécessairement être obligées d’avoir l’aval d’un médecin.

La formation

Il faut aussi démêler les différents types d’infirmières. Un diplôme d’études collégiales permet d’être infirmière « régulière ». Le baccalauréat débouche sur une infirmière clinicienne et le diplôme d’études supérieures spécialisées donne des infirmières praticiennes spécialisées dans un domaine comme la première ligne ou la santé mentale, notamment. Il faut aussi rédiger une thèse, donc on parle d’un double diplôme pour y accéder.

La bonne nouvelle est que ce programme est disponible à l’Université du Québec à Rimouski, indique Diana Cindie Tremblay. « Ça fait que nous avons de plus en plus d’IPS dans la région. Par exemple, nous en avons une au CHSLD de Cap-Chat. Elle fait aussi du soutien à domicile. Nous en avons aussi à Matane dans certaines cliniques privées. »

Toutefois, la profession d’infirmière n’a pas toujours bonne presse alors que les syndicats dénoncent des conditions de travail parfois difficiles avec des horaires lourds et des manques d’effectifs. Considérant cette donne, est-ce que la profession est encore attrayante ?

Pour Diana Cindie Tremblay, la modification des lois est une preuve concrète que le gouvernement du Québec comprend, et surtout, reconnaît l’apport des infirmières dans le réseau de la santé. « La profession ne fait que s’améliorer et se déploie à notre avantage. Il y a beaucoup de positif qui s’en vient pour les futures infirmières qui vont pratiquer ce métier pour les 20 prochaines années. »

Elle conclut en affirmant qu’il est possible d’être une infirmière pendant toute une carrière sans avoir touché à toutes les possibilités. « Il y a tellement de chemins différents qu’on peut prendre. Il y en a qui vont préférer l’urgence, d’autres iront en régions éloignées ou feront de la prévention dans la communauté. Ça peut même être une infirmière de rue auprès des itinérants. Il y a autant de carrières possibles que de rôles qu’on voudra nous donner. »

Et tout ça commence par un diplôme d’études collégiales au Cégep de Matane.

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